Les acides gras oméga-3 sont-ils égaux pour mon cheval ?

Par Josée Lalonde, agronome équin

Les avantages d’une alimentation riche oméga-3 ont été présentés dans le précédent billet. Il est intéressant de savoir qu’il existe plusieurs types d’acide gras oméga-3. Certains, à chaîne courte, se trouvent principalement dans les végétaux. D’autres, à chaîne longue, se trouvent plutôt dans les poissons, les fruits de mer et certaines algues (en plus faible proportion).

Les oméga-3 à chaîne courte ne peuvent pas être utilisés directement par l’organisme et ils doivent subir une transformation dans l’intestin de l’animal pour pouvoir être efficaces et jouer leur rôle. Ce travail repose principalement sur l’armée de bactéries présente dans le système digestif du cheval. Ce sont elles qui se chargent de convertir les oméga-3 à chaîne courte afin qu’ils soient utilisables par l’organisme. Durant ce mécanisme de conversion, une partie des acides gras oméga est perdue; c’est ce qui explique que la supplémentation en oméga-3 à chaîne courte est moins efficace que celle à chaîne longue. De leur côté, les acides gras à chaîne longue peuvent être utilisés directement par l’organisme à la suite de leur ingestion, ce qui les rend particulièrement efficaces pour le cheval; les acides gras DHA et EPA font partie de cette catégorie. Les EPA jouent un rôle important dans la réduction des réactions inflammatoires et du stress cellulaire, et ils favorisent une meilleure récupération après l’effort. Les DHA, pour leur part, soutiennent la stabilité des membranes cellulaires, surtout au niveau des cellules nerveuses et artérielles, d’où leur rôle important dans la prévention des maladies cardiovasculaires.

Prendre soin des articulations

Les DHA sont aussi impliqués dans la réduction des réactions inflammatoires, et les deux molécules (DHA et EPA) sont impliquées dans la réduction des triglycérides sanguins. Chez le cheval de performance, le contrôle des réactions inflammatoires est primordial puisque l’inflammation touche les tissus mous des articulations et peut causer une dégradation prématurée et ainsi prédisposer le cheval à l’apparition de maladies inflammatoires chroniques. Les boulets, les jarrets et les genoux du cheval à l’entraînement étant constamment sollicités, une supplémentation suffisante en oméga-3 les prépare mieux à l’exercice soutenu grâce au contrôle de la réponse inflammatoire articulaire.

Principales sources d’oméga-3

Voici les principales sources d’oméga-3 offertes sur le marché, incluant celles de sources marines:

  • Graine de lin : la graine de lin doit être moulue juste avant d’être servie sans quoi les oméga-3 seront oxydés au contact de l’air et ne seront plus disponibles pour l’animal
  • Huile de lin
  • Huile de caméline
  • Huile de chanvre
  • Algues (riche en EPA et DHA)
  • Huile de poisson
  • Crustacés

Les oméga-3 qui proviennent de la mer sont mieux utilisés par le cheval et plus efficaces dans l’organisme; leur niveau d’EPA et de DHA est supérieur aux oméga-3 provenant des végétaux. Opter pour un supplément qui contient une combinaison d’acides gras oméga-3 de sources marine et végétale est idéal.

Huile pour omega 3 et 6 -cheval

Suppléments riches en acides gras omega-3 disponibles

Tout nouvel aliment doit être introduit de façon graduelle à la ration du cheval. Certaines huiles ou aliments peuvent avoir une odeur ou un goût particulier et il est important de laisser le temps au cheval de s’y faire sous peine d’un refus de consommation.

Josée Lalonde, agronome

Josée est agronome et forte d’une expérience de plus de 20 ans en nutrition équine.
Elle se démarque par son expertise dans le domaine, ses conseils judicieux et son accessibilité.

 

 

 

* Ne pas utiliser, publier ou reproduire sans citer l’auteur et la provenance.

Photos et vidéo : Pixabay

José Lalonde agronome