Gare à la fourbure d’hiver

Par Josée Lalonde, Agr, M.A.

Même si on l’associe le plus souvent aux périodes automnales et printanière, la fourbure peut survenir même en hiver. Les chevaux atteints de problèmes endocriniens et ceux sujets aux épisodes de fourbure sont particulièrement à risque. Sans entrer dans les détails du mécanisme qui déclenche cette affection, le froid, qui réduit la circulation sanguine aux extrémités, participerait au déclenchement de la crise en réduisant sensiblement le flux sanguin aux sabots. L’animal peut montrer des signes de douleur au pied, boîter et, dans certains cas, adopter la position typique associée à un épisode de fourbure. L’habituelle sensation de chaleur associée à la fourbure n’est pas nécessairement présente, ni le pouls digital élevé. Même si la sensibilité au froid de chaque individu varie, les premiers signes peuvent apparaître dès que le mercure descend sous les 5 degrés Celsius.

Si votre cheval souffre de problèmes endocriniens qui tendent à augmenter son niveau d’insuline sanguin, mieux vaut prévenir que guérir en suivant certains des conseils suivants:

• Lui servir une quantité de calories adaptée à ses besoins et sa cote de chair afin de prévenir l’embonpoint.
• S’il souffre d’obésité, diminuer l’apport calorique tout en maintenant un apport suffisant en fibres et en protéines (acides aminées essentiels) et optimal en vitamines et minéraux, incluant ceux importants pour la santé des sabots (biotine, cuivre, zinc).
• Lui servir une ration alimentaire la plus faible possible en hydrates de carbone non structuraux (HCNS – sucres solubles à l’éthanol + amidon)
• Lui servir une ration riche en antioxydants afin de combattre le stress oxydatif (sélénium, vitamine E, vitamine C)
• Lui servir un supplément favorisant l’équilibre du niveau de glucose sanguin (chrome, magnésium).
• Lui servir un supplément favorisant une meilleure circulation sanguine aux extrémités (jiaogulan).
• En hiver, garder ses extrémités au chaud (bottes protectrices rembourrées pour les sabots et pour les membres) et lui mettre une couverture appropriée par temps froid, humide et venteux.
• Lui fournir un abri extérieur doté d’une litière épaisse favorisant le confort.
• Lui offrir des soins de maréchalerie réguliers.

 

– Josée Lalonde, agr, M.A.

Josée est agronome et forte d’une expérience de plus de 20 ans en nutrition équine. Elle se démarque par son expertise dans le domaine, ses conseils judicieux et son accessibilité.

 

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José Lalonde agronome