Est-ce que le foin est le fondement de l’alimentation du cheval ?

Par Josée lalonde, agronome

 

On ne le dira jamais assez ! L’alimentation du cheval doit faire la part belle au foin. Faute de pouvoir laisser vos chevaux au pâturage à l’année, ce qui serait idéal, vous devez trouver la meilleure source de fibre à leur offrir tous les jours. En fait, le foin est dans bien des cas le seul aliment nécessaire à la ration du cheval, du moins en ce qui concerne l’énergie digestible (calories). Il est important d’accompagner le foin d’un supplément compensatoire pour pallier ses déficiences nutritionnelles, notamment en sélénium, un nutriment dont nos sols sont dépourvus.

Le foin, qu’est-ce que c’est ?

Le foin peut être constitué d’un seul type de plante ou d’un amalgame de diverses plantes, notamment le mil, la luzerne, le trèfle, le brome ou la fétuque. Il est important de savoir qu’on trouve deux types d’hydrates de carbone dans les plantes qui composent le foin : les hydrates de carbone non structuraux, situés à l’intérieur des cellules végétales et qui incluent les sucres, l’amidon et le fructane (type de sucre), ainsi que les hydrates de carbone structuraux, situés dans la paroi des cellules végétales et qui comprennent la cellulose et l’hémicellulose.

La pectine, un polysaccharide sans amidon, se retrouve en plus grande quantité dans les foins jeunes, récoltés assez tôt en saison. Enfin, la lignine, qui donne à la plante sa rigidité, n’est pas considérée comme un hydrate de carbone et n’est pas digestible par le microbiote intestinal du cheval. Elle aide toutefois à la constance du transit intestinal chez le cheval tout en permettant le transport des nutriments et des déchets dans son système digestif.

Quelle quantité de foin dois-je servir à mon cheval ?

Selon le NRC (Conseil National de Recherche), le cheval doit consommer quotidiennement au moins 1 % de son poids corporel en foin ; pour un cheval de 500 kg, on parle donc d’un apport de 5 kg par jour ce qui, vous en conviendrez, est très peu. Rares sont les chevaux qui reçoivent si peu de foin, une pratique déconseillée peu importe la discipline ou l’intensité de l’exercice. .

De façon générale, la consommation de foin pour un cheval de 500 kg se situe le plus souvent aux environs de 2 % de son poids corporel, soit 10 kg. Dépendant du type de foin et des conditions environnementales, certains chevaux peuvent facilement manger 2,5% de leur poids en foin.

Toujours dans le but de maintenir la santé du système digestif, le cheval adulte devrait recevoir au moins 50 % de sa ration quotidienne totale sous forme de foin. Pour la plupart des chevaux adultes d’ailleurs, le pourcentage de foin servi est considérablement plus haut que 50 % et peut même atteindre 100 % si le cheval est à l’entretien ou s’il conserve facilement une bonne condition de chair. Seul le jeune poulain, dont le microbiote n’est pas suffisamment développé pour digérer efficacement la fibre, et le poulain de 18-20 mois à l’exercice soutenu – ce qui se limite en général aux chevaux de course – dérogent à cette règle et peuvent avoir besoin de plus de moulée que de foin par jour.

Les quantités quotidiennes de foin recommandées ici sont à suivre en autant que le foin est de bonne qualité. Bien sûr, si le foin est poussiéreux et de piètre apparence, il faut garder ces pourcentages en tête, mais remplacer le foin par une autre source de fibre: foin cubé, aliment complémentaire de foin, pulpe de betterave ou moulée complète riche en fibre sont des options qui s’offrent à vous. 

Le poids et la taille des galettes peuvent varier énormément d’une balle de foin à l’autre. Pour tirer le maximum de l’apport en foin d’une ration, il est recommandé de peser les galettes régulièrement pour vous assurer que votre cheval en reçoit une quantité suffisante et ce tous les jours. Si aucune brindille de foin ne subsiste dans son box au petit matin, il y a fort à parier que votre cheval n’en reçoit pas assez, du moins lors de son repas du soir. Si vous le pouvez, servez-lui du foin à volonté.

Le foin, avec l’eau, est l’aliment le plus important de la ration du cheval. Soyez exigeants auprès de votre fournisseur et n’hésitez pas à demander une analyse nutritionnelle du lot qui vous intéresse.

José Lalonde agronome

Josée Lalonde, agronome

Josée est agronome et forte d’une expérience de plus de 20 ans en nutrition équine. Elle se démarque par son expertise dans le domaine, ses conseils judicieux et son accessibilité.

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